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Tribune libre : Tunisie, la crise identitaire

Suite à la requête de M. Selim Kouidhi, je lui publie son texte intitulé ‘Crise Identitaire’ et j’appelle tous ceux qui souhaiteraient voir leurs textes publiés de faire de même. Une excellente initiative que je salue et qui m’a encouragé à créer cette nouvelle catégorie que j’ai simplement appelée : Tribune libre.

Crise identitaire

par Selim Kouidhi

L’été touche à sa fin, pour les saisonniers et les professionnels du tourisme c’est l’heure des bilans, en comptant les recettes et en comparant le nombre de visiteurs étrangers, le nombre de nuitées au niveau des hôtels par rapport aux chiffres de l’année dernière.

Pour d’autres, c’est l’heure de la rentrée scolaire et universitaire qui coïncident cette année avec le mois saint de Ramadan et qui risque de rendre cette reprise plus pénible que d’habitude pour le portefeuille des ménages Tunisiens. Quant à moi, c’est l’heure de tirer la sonnette d’alarme.

En effet, j’ai observé cet été avec une profonde indignation certains comportements et certaines scènes que la décence m’interdit de décrire et dont les principaux acteurs sont les jeunes Tunisiens.
Les scènes dont je vous parle ont pour théâtre, aussi bien les boites de nuits, les stations balnéaires, les routes que les rues paisibles de certains quartiers de la capitale.

Toutefois, afin d’éclairer à la fois les plus curieux d’entre vous et ne pas choquer certaines âmes sensibles, je m’apprête à vous donner un bref aperçu de ce que j’ai pu observer en utilisant les mots appropriés.

Au cours de cet été, j’ai vu ;

Une abondance de consommation d’alcool qui touche les 2 sexes et toutes les tranches d’âge avec des conséquences sur les fins de soirées qui s’achèvent généralement dans les hôpitaux et les commissariat de police, des boites de nuits et des plages « IN » bondées ou les mots d’ordre sont frime, drague et débauche avec des scènes dignes des films interdits au moins de 18 ans, des filles « de bonne famille » qui se font aborder par des jeunes automobilistes éméchés et qui acceptent de se faire accompagner par ces gentlemans dragueurs faute de moyen de transport….

Face à ces comportements et ce qui accentue mon indignation c’est que ces scènes ne sont pas des phénomènes ponctuels propres à la saison estivale, mais les mêmes acteurs opèrent dans d’autres théâtres une fois l’été achevé.

Une autre tranche de la jeunesse tunisiennes m’intrigue celle-ci est uniquement visible au cours de l’année croyance religieuse et chaleur suffocante obligent.

En effet, ces dernières années on voit de plus en plus de jeunes portants des barbes tristes et des demoiselles voilées de la tête aux pieds.

Loin de moi l’idée de critiquer tous les musulmans pratiquants mais je parle de ces jeunes que du jour au lendemain décident de changer radicalement de vie prétextant de se repentir et qui appartenaient souvent à la première catégorie de jeunes que je viens de décrire ci-dessus.

Je parle de ces jeunes dont la culture religieuse se base essentiellement sur les bonnes paroles de certains « Cheikhs » animant dans des émissions de télévision provenant du moyen orient.

Je parle de ces jeunes, qui apprennent les paroles de dieu sans en comprendre le sens, je parle de ces jeunes qui refusent toute forme de dialogue et qui croient détenir la vérité absolue.
Je n’essaye pas de cataloguer les jeunes Tunisiens mais j’essaye d’analyser et comprendre le comportement de certains d’entre eux car toute forme d’extrémisme dans une société est inquiétante et est à bannir.

Si la première catégorie agit de la sorte sous prétexte de modernité et d’ouverture d’esprit en rabâchant de l’hostilité contre les valeurs traditionnelles, la seconde catégorie proclame le retour aux sources et refuse toute forme de modernité.

En effet, ces deux catégories de la jeunesse Tunisienne sont des victimes certes pas tout à fait innocentes mais des victimes de la mutation de la société et de l’économie tunisienne et leurs ouvertures vers l’occident.

Toutefois, il est prévisible qu’une jeunesse vulnérable, non préparée au changement perde ses repères une fois la modernité lui surgit en pleine figure de ce fait il n’est pas surprenant de voir certaines personnes brandir les symboles de l’archaïsme pour affirmer leur différence.

Ainsi la modernisation doit être progressive, étudiée et ne peut en aucun cas même si elle suscite beaucoup d’enthousiasme se dérouler sans une interrogation poignante sur les périls de l’assimilation sans une profonde crise d’identité.

15 réflexions au sujet de « Tribune libre : Tunisie, la crise identitaire »

  1. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Mais selon moi le vrai problème c’est l’inexistence total de dialogue en Tunisie ni même de culture de dialogue.

    Personne ne se parle. Personne ne s’exprime. Et quand une personne ose élevé la voix elle est critiqué pour ne pas dire pendue sur la place publique sans aucun procès.

    Les tunisiens qui se disent ouverts aux autre devraient s’ouvrir à eux même et discuter des tous les sujets, même les plus tabous.

    Sinon on finira par vivre dans une société fractionnée en mille morceau ou tous se jetterons la pierre en attendant d’avoir des armes de destruction massive.

    C’est dommage!

    KiffeGraves last blog post..ça veut dire quoi être femme de nos jours?

  2. A mon avis, la Tunisie se trouve devant une grande chance qu’elle ne peut pas manquer. C’est à dire, profiter de l’intelligence et de la fraicheur des jeunes « de bon sens », pour ne pas tomber dans les excès de la modernité (ou mieux peut-etre de la post-modernité, desormais, avec l’individualisme commercialisé poussé au maximum), et de l’autre coté pour ne pas tomber au contraire dans un fanatisme aveugle qui n’a pas vraiment de coeur ni de tete. Une classe moyenne ouverte mais au meme temps avec des valeurs solides, soient ils réligieux ou civiques, serait la meilleure épine dorsale pour la Tunisie de demain.

  3. il ne t’est jamais venu à l’esprit que cette situation est souhaitée?

    moyennant les médias, on arrive facilement à toucher le conscient et le subconscient d’une foule et à manipuler son comportement.

    le dérèglement des mœurs pousse la société dans une anomie qui favorise la disparition de la conscience individuelle en faveur de la conscience collective. c’est plus facile de régner en ces temps difficiles.

  4. Bravo Selim pour cet article très bien écrite et résume bien la situation actuelle en Tunisie.

    Même si la situation actuelle est très bien expliquée et évidente, quelle est la solution à un tel fléau?

  5. Kaisoun à mon avis la solution c’est former et éduquer les jeunes à la base et le peuple tunisiens en général et c’est une question politique aussi car on devrait pas laisser trop de liberté à un peuple qui n’est pas mûr ( pour certains) afin de l’éloigner de ce qui peut déranger cette situation peut créer des excés dans les deux sens.

  6. Je suis d’accord avec cette analyse de la situation et des solutions proposées. Cela dit, je pense que les élites de notre pays ont déjà bien compris cette situation et tentent d’orienter le pays sur cette voie du milieu…malheureusement, ces élites n’ont aucune crédibilité auprès de la jeunesse que vous décrivez, donc aucune influence.

    Le problème a mon avis n’est pas de diagnostiquer la situation ni de trouver des solutions. Il consiste surtout a faire adhérer les Tunisiens a ces solutions, et ce via un projet politique clair et lisible..en deux mots, le fameux « projet civilisationnel » (machrou3 7adhari) dont on a jamais compris le sens…

    Évidemment, LA manière de restaurer la crédibilité des dirigeants est le processus démocratique.

  7. Très sincère ton article Selim!
    C’est vrai que ces faits deviennent de plus en plus répandus en Tunisie, chose qui m’effraie d’ailleurs!
    C’est comme si les jeunes d’aujourd’hui sont en train de suivre, consciemment ou inconsciemment, je ne sais pas, le chemin de « l’extrémisme »: « very open minded » ou « very close minded ».
    Dieu merci qu’il existe encore des jeunes ayant l’esprit ouvert et le comportement modéré

  8. Tout ce qui a été décrit n’est propre à un pays en l’occurrence la Tunisie ou une région du monde, ça constitue à mon avis une donne propre à toutes les jeunesses du monde.
    Il se trouve, généralement, que cette tranche d’âge est attirée par toutes les formes d’excès, que ça soit sur le plan de la croyance (religieuse ou politique) ou celui de « l’amusement ».
    La différence, c’est qu’en Tunisie, on s’affiche ouvertement, on étale notre appartenance à groupe, à un mode de pensée ou à une frange de la société. Est-ce bien ? Est ce mal ? Je ne sais pas quoi répondre à ces questions, sauf peut être qu’il est préférable qu’on soit au courant de tout ce qu’il se passe autours de nous et qu’on ait la possibilité de choisir.

  9. Merci Selim pour cette analyse, impartiale, et apolitique, pour une fois pas coutume dans les blogs.

    Si les gens basculent d’une extreme a une autres, c’est parce qu’ils n’ont pas de fond et de reperes.

    L’education chez nous devient de plus en plus sterile et nulle, on l’a trop politisee, elle a perdu son essence.

    Les chaines satellitaires Arabes, qui basculent de la « haute modernite »: clips et series TV hyper-branchees (Rotana et co), aux chaines religieuses Wahhabites pre-historiques.

    J’ajoutes aussi que dans notre societe tout est base sur les apparences et les manieres. La modernite c’est les fringues signes, bagnole de luxe, et gonzesses. La piete, la sagesse, c’est la barbe, le voile, …

  10. ca resume bien la situation en tunisie…
    je pense qu’on donné trop de liberté à un peuple qui n’a pa combattu por les avoir du coup il s’est retrouvé dêpasser par les evenements, il n’etait ni pret ni assez mur pour faire la part des choses…

  11. Je pense que cette situation est grave car la jeunesse vacille entre les deux extrémes sans conviction et si ça dure cette jeunesse qui est de plus en plus nombreuse va étre l’exemple à suivre imaginez alors la gravité de la situation

  12. Jihene, comment ça? Et est ce que les peuples qui sont mieux organisés que nous ont combattu pour avoir leurs libertés à eux?!!!
    En fait le problème réside dans le fait qu’on a eu une liberté bien organisée et que même la deuxième catégorie dont Selim a parlé a été créée pour organiser la liberté (pour atténuer les révoltes dans un contexte de mondialisation de la média). Donc si on veut corriger, on doit donner au tunisien toute sa liberté pour qu’il y ait des gens au milieu (qui constitueraient la majorité) et qui rationaliseraient les deux catégories plus ou moins extrêmes.
    Autre chose à corriger Selim : la qualité de l’expression. En effet, la qualité de l’expression des jeunes tunisiens est vraiment médiocre (je le constate d’ailleurs même en lisant des commentaires sur ton article par exemple). C’est ce qui a fait que les jeunes n’ont trouvé rien pour s’exprimer et prouver leur existence que de recourir à ces deux catégories dont tu as parlé.
    Bref : Merci dieu que des jeunes comme Selim existent encore en Tunisie!

  13. Bien rédiger? Oui.
    Sa te manque de visibilité générale sur le sujet, vous avez un regard limité à votre place. Tu ne critique que d’un seul angle. Classifiez vous d’abord, puis on pourra comprendre de quoi est ce que vous parlez. Précisez nous ton appartenance. Notre simple regard, nous trahie parfois, n’oubliez pas si vous êtes si loin, tous paraitra pour vous si petit, et la règle te paraitra cassé dans l’eau.

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