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Ferr ferr! Gatta3 rahi le7met!

  • John denver – Medley Leaving On a Jet Plane – GoodBye Again
  • Mi août 2007, elle était là, dans mon salon, on se regardait comme toujours, on rigolait comme on a toujours fait, on se taquinait, après avoir ingurgité ce fameux kafteji de chez Am Naceur, chacun devant son ordinateur, on s’envoyait même des petits messages sur MSN sans se les dire de vive voix, je n’aurai jamais pensé que ca allait être le début d’une hémorragie, J’entends soudainement une tirade qui déchire le silence lourd qui pesait des tonnes sur mes épaules « cousin je dois y aller, il me reste à finir ma valise mon vol c demain en début d’aprèm », sans trop le vouloir, je lui répond « oui il faut bien que finisse de tout préparer avant de partir », je la raccompagne jusqu’à la porte, je la prend dans mes bras, un faux sourire sur les lèvres mais des yeux ternes, d’une voix sèche et entrecoupée, je lui dis : « tu va trop me manquer cousine, prends soin de toi et qui sait je viendrai bientôt te rendre visite, et n’oublie pas de passer le bonjour à Intissar », je referme la porte et j’éclate en sanglots.

    Le lendemain, mon téléphone sonne, un boucan à l’autre bout du fil, je crois apercevoir les signaux d’appel dignes d’un aéroport, « Salut tassa, je voulais te dire que je partais a l’instant, je suis fâchée contre toi, on n’a pas trop eu le temps de se voir, mon vol c’est dans quelques minutes», je ne sais plus quoi répondre « Déjà Sonia? pfff, s’il te plait prends soin de toi, et on garde le contact, on s’écrit comme toujours ? Tu trouveras sûrement ma cousine dans l’avion… » Un bon moment de silence puis on se dit au revoir, J’ai soudainement très mal au cœur, je m’enfouis dans mon lit à la recherche d’un réconfort dans un moment de sommeil.

    Fin août 2007, aéroport Tunis-Carthage, les regards s’enfuient, les mots peinent a sortir, un bégaiement, oui, c’st vrai que les départs se multiplient, mais c’est toujours la même douleur derrière, on se prend dans les bras une dernière fois, on évite encore et toujours de se regarder dans les yeux, une boule remonte à la gorge, on s’embrase et on se dit un au revoir des bouts des lèvres, on se retourne, chacun dans sa direction, elle vers les départs et moi vers les escaliers, j’éclate en sanglots, je rentre directement chez moi et j’essaye de m’endormir.

    Une semaine après, Fun Food, je gare ma voiture, je descends, elles sont déjà là, je prends place, la discussion prends son cours comme toujours, quelques interruptions téléphoniques, j’en arrive même a lui éteindre son téléphone, les mêmes sujets, les mêmes sourires, et les mêmes éclats de rire, mais avec un arrière gout plutôt amer, eh oui, c’est le moment de se dire au revoir, il est temps, il se fait tard, la valise n’est pas complètement prête, et demain le réveil sera très tôt. On se prend dans les bras une dernière fois, quelques petits conseils pour la route et voila, elle est partie, on reste a 3 sur la table, regards figés, un silence s’installe pendant quelques minutes, les souvenirs des autres départs refont surface, et surtout qu’en face de moi un autre départ imminent, mais elle ne fait que retarder l’échéance.

    Ce matin, je me réveille sur la sonnerie de mon téléphone, je réponds « Allo ma chère, ca va? », « oui ca va, les courses, on se prépare pour demain, alors je dois aller en ville, tu viens avec moi ? », « non, je viens a peine de me réveiller, va faire ta course puis passe chez moi » … On frappe a la porte, je vais ouvrir, elle est là, on se met au salon, j’évite de trop la regarder, on ne se parle presque pas, au bout de quelques discussions qui touchent de prés ou de loin à ce Nième départ, il est temps d’y aller, elle se lève, je la raccompagne vers la porte, presque sans rien dire, quelques saluts aux autres amis, elle franchit le pas de la porte puis elle se retourne vers moi, je la prend dans mes bras, puis je referme la porte aussi tôt. Je me jette dans mon lit, une douleur m’envahit, un sentiment de solitude et de vide immense le prend.

    Elles sont toutes parties, elles me manquent toutes.

    Vous me lisez et vous vous reconnaîtrez, sachez que vous êtes le radeau qui me tenait en vie, vous êtes parties vers d’autres cieux, mais vous êtes là, dans mon cœur, je garde toujours cet espoir de vous retrouver, je pense très fort a vous, pensez à moi. Je vous adore.

    8 réflexions au sujet de « Ferr ferr! Gatta3 rahi le7met! »

    1. Gros bébé vas!! hé oui et te parle de 3aid mabrouk, c\’est drôle n\’est ce pas mais ne t\’en fais pas ess2al m\’jarreb we ma tess2alch t\’bib! je te soignerais j\’ai un remède de cheval, tu verras ça fait du bien mais attention ça ne vaccine pas, ton/mon mal est chronique tu crois t\’en être débarrassé et tu ne sais plus quand est ce qu\’il va te surprendre. Courage p\’tit frère.

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